Rencontres Infos 48 - Octobre 2002

 

Pollution radioactive en Limousin
1 - Première victoire
sur la COGEMA

Le nord de la Haute Vienne a connu pendant 50 ans une exploitation intensive de ses gisements d’uranium, qui s’est achevée l’an dernier, après la fermeture de la dernière mine. Mais fermeture des mines ne signifie pas fin des nuisances, bien au contraire.

La Compagnie générale des matières nucléaires (Cogema) a quitté la région sans se soucier du devenir des sites miniers. Pas de décontamination, plus de contrôles ; le simple remblayage des trous, destiné à cacher aux âmes trop sensibles, les tas de boues radioactives et autres fûts contenant des produits radioactifs, a été considéré comme une réhabilitation suffisante.

Cette gestion calamiteuse des sites et des déchets vient d’être reconnue. L’association Sources et Rivières du Limousin a réussi, suite à une plainte déposée en 1999, à faire mettre en examen la Cogema, par un juge d’instruction du tribunal de grande instance de Limoges, pour « pollution, abandon et dépôts de déchets ».

Sources et Rivières, ainsi que l’association France Nature Environnement, accusent la Cogema, entreprise publique et filiale du leader mondial du nucléaire Areva, d’avoir pollué, notamment à l’uranium 238 et au radium, plusieurs ruisseaux qui traversent les sites d’extraction de l’uranium. Ces cours d’eau se jettent ensuite dans des retenues d’eau, dont un des réservoirs d’eau potable de la ville de Limoges et dans le lac de Saint Pardoux, une des principales bases de loisirs du Limousin .

Le scandale vient du fait que ce n’est pas une découverte. En 1994, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRII-RAD) produisait un rapport, à la demande du Conseil Régional du Limousin et du Conseil Général de la Haute Vienne. Ce rapport révélait une contamination élevée aux alentours des mines, à tel point que « les sédiments de certains cours d’eau en aval des mines d’uranium étaient tellement chargés en éléments radioactifs, qu’on pouvait les qualifier de déchets radioactifs ». Idem pour l’un des réservoirs en eau potable de la ville de Limoges, au fond duquel les sédiments se révélèrent contaminés. Le rapport, éminemment inquiétant et accusateur pour la Cogéma  fut soigneusement enfoui, afin de ne pas porter atteinte à l’image du Limousin…Les autorités en charge de la sécurité, de la santé, de l’environnement ne réagirent pas, privilégiant des intérêts qui n’avaient rien à voir avec l’intérêt général !

De nombreuses actions furent tentées par les associations antinucléaires pour faire remonter à la surface cet inquiétant problème ; de nombreuses analyses des sols et de l’eau furent effectuées par des laboratoires indépendants, qui parvenaient tous aux mêmes conclusions que le rapport de la CRII-RAD.

Bien évidemment, la Cogéma a toujours réfuté sa gestion irresponsable des déchets, ne reconnaissant pas comme tels les boues chargées de radioéléments et de produits toxiques résultant des opérations d’extraction et d’enrichissement de l’uranium. La Cogéma se réfugie derrière l’argument qu’en Limousin, la radioactivité est naturelle ! Certes, mais l’extraction a bouleversé les couches géologiques  et le broyage des roches a libéré les radioéléments. A une époque, la Cogéma avait même pour argument, que grâce à l’exploitation, elle débarrassait le Limousin de sa radioactivité !

Les associations ne pointent pas seulement la responsabilité de la Cogéma, mais également celle de la DDASS de la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement), et de certains élus (dont le président du Conseil Général, qui a fait saupoudrer de sable un petit secteur du lac de Saint Pardoux, espérant ainsi empêcher la radioactivité de diffuser sur l’ensemble du site !). Elles espèrent fortement que selon le principe désormais reconnu du pollueur – payeur, le dossier pénal permettra des actions concrètes sur le terrain. Il faut maintenant considérer l’ensemble des problèmes posés par l’exploitation des mines d’uranium, et par le départ de la Cogéma. Se poser la question de ce qui reste dans les mines désormais fermées (les témoignages d’anciens mineurs laissent à penser que certaines mines sont de véritables poubelles). Comment gérer les circulations d’eau pour éviter une pollution de tout le réseau hydrographique ? L’eau doit être pompée afin  de maintenir les galeries hors d’eau, mais il a été constaté que la station de pompage était hors d’usage…

Que faire pour prévenir de possibles effondrements de galeries , sachant que certaines passent sous des villages encore habités ?

Tout cela apporte une preuve supplémentaire que le nucléaire est vraiment une calamité, que pour protéger cette industrie, les responsables politiques font fi de tout principe de précaution, et se moquent bien de mettre les populations en danger. Le gouvernement, par la voix de Roseline Bachelot, essaie de persuader les français « qu’ils sont réconciliés avec le nucléaire » ! En ce qui concerne la Haute Vienne, nous tenons à lui faire savoir que le défi s’annonce difficile à relever !

Marie Agnès Clausse

retour

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 2 - Vive le capitalisme ! Oui mais...

Ceux qui crient ceci invoquent souvent le prétexte qu’il serait porteur de démocratie. Mais ils se gardent bien d’ajouter qu’il est également porteur d’injustice. Or la question posée est : peut-il y avoir démocratie dans l’injustice ? L’analyse de Marx sur le capitalisme qu’il démontre fondamentalement injuste et même « voleur » n’a pas changé d’un « iota » si ce n ‘est que les méthodes ont changé. Je ne crois pas à la vertu « démocratique » du capitalisme, les faits de par le monde aujourd’hui le démontre de plus en plus et ce n’est sans doute pas fini ! ... Dans nos pays industrialisés, c’est vrai que nous profitons aussi du pillage des ressources naturelles des pays du Tiers-monde. D’ailleurs trop de gens y répondent ainsi : « Ce n’est pas votre problème, c’est celui de leur gouvernement ». Ce qui est un peu vrai, trop contents d’avoir trouvé des complicités dans les pays industrialisés. Moyennant quoi l’on nous accorde des droits civiques mais peu leur importe du moment que leurs privilèges égoïstes, le pouvoir économique ne leur échappent pas. D’ailleurs l’on entend de plus en plus avouer dans les campagnes électorales : « Nous ne pourrons pas nous en prendre au pouvoir économique ». Quant aux pays du Tiers-monde où vous avez des majorités sociologiques pauvres ou misérables, que peuvent valoir des droits civiques (quand il y en a) pour des populations où la majorités des droits humains les plus élémentaires ne sont pas respectés.

Les élections de par le monde ? L’on n’a encore jamais vu et j’ai bien peur que l’on ne verra jamais un changement de société par ce moyen. Ceux qui accordent des droits civiques savent aussi manier le bâton lorsque c’est nécessaire. Ceux qui se sont essayés à prendre des mesures de justice en s’en prenant aux nantis, à la corruption, l’on sait trop ce qu’il en est advenu. Pour ne citer qu’un cas au Chili : Allende l’a payé de sa vie. Alors le capitalisme démocratique et social ? Mon petit regard sur la planète SVP ! Peut-on exiger quelque chose de ceux qui ne veulent rien donner encore moins partager ? Il faut aussi relire Victor Hugo : « Tant qu’il y aura sur Terre, ignorance et misère... » Le capitalisme, son cortège d’injustices, merci pas pour moi ! Contre ça, des hommes se sont levés et se lèveront encore.

Johannes Billo
retour